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La gouvernance peut-elle sauver la transformation ? Ubisoft & Coty

Focustribes

Ce n'est pas le manque de budget ou de technologie qui fait dérailler les programmes de transformation. C'est l'absence d'une structure claire pour décider, arbitrer et tenir le cap. C'est le constat partagé lors du premier TransfoLab by FocusTribes, à travers les retours d'expérience d'Ubisoft et de Coty. Leur enseignement commun : sans gouvernance solide, même les meilleures transformations s'effondrent sous leur propre poids.

 

 

Dans un contexte où les cycles stratégiques s'accélèrent et où les organisations doivent apprendre à se transformer presque en continu, une question s'impose avec force : pourquoi nos transformations échouent-elles encore si souvent — et que peut réellement changer une bonne gouvernance ?

Ce n'est pas une question théorique. C'est celle que posent chaque jour les directeurs de programmes, responsables de transformation et Chief Transformation Officers qui portent ces programmes dans des environnements marqués par une forte complexité, des attentes croissantes et une pression multidimensionnelle. Transformer vite, bien, et sans casser l'organisation : voilà la difficulté commune à toutes les grandes entreprises et ETI d'aujourd'hui.

C'est pour éclairer cette question que s'est tenue la première session du TransfoLab by FocusTribes — un atelier confidentiel réunissant des leaders de la transformation issus de secteurs variés. Deux dirigeants sont venus partager leurs retours d'expérience depuis des contextes particulièrement exigeants : le responsable des transformations opérationnelles d'Ubisoft, engagé dans une restructuration profonde face à un marché du jeu vidéo sursaturé, et le directeur des transformations stratégiques de Coty, leader mondial du secteur beauté coté à la fois sur le NYSE et Euronext.

Cet article est le premier volet de notre série TransfoLab. Retrouvez également l'article sur les retours d'expérience de PepsiCo et L'Oréal sur l'intégration de l'IA en entreprise.

I- Les six raisons pour lesquelles les transformations échouent encore si souvent

S'il fallait résumer les retours d'expérience d'Ubisoft et de Coty en six mots, ce seraient ceux-ci : culture, capacitaire, dispersion, politique, mesure, a priori. Six angles morts capables, à eux seuls, de faire basculer un programme — même bien conçu, même bien sponsorisé.

La culture : le terrain invisible qui peut tout bloquer

La culture d'entreprise, ce n'est pas un slide de présentation. C'est ce qui se passe entre deux réunions, dans un couloir, au sein d'une équipe qui ne comprend pas pourquoi elle devrait faire autrement demain qu'hier. Dans certains groupes, l'ADN est tellement ancré que toute nouveauté est vécue comme une menace. Dans d'autres, la culture n'est tout simplement pas prête à accepter la standardisation, à intégrer l'IA, à casser les silos historiques, ou même à imaginer que le business peut fonctionner différemment.

Le témoignage d'un participant résume ce décalage avec une précision désarmante : "À un moment, on a réalisé qu’il y avait un vrai décalage entre ce que la transformation essayait d’impulser et ce que vivaient les équipes au quotidien."

Un programme peut avancer avec ses projets et ses messages, mais le terrain, lui, reçoit des signaux contradictoires et finit par décrocher. La culture n'est jamais neutre. C'est le sol sur lequel repose — ou s'effondre — la transformation.

Le capacitaire : l'illusion que "l'organisation suivra"

Le deuxième frein est aussi le plus brutal : l'incapacité réelle de l'organisation à absorber la transformation. Ce n'est pas qu'une question de ressources. C'est aussi une question de compétences — parfois parties avec les personnes.

Un cas concret a marqué les participants : "On avait tout : la cible prête, le système prêt, les process prêts… sauf qu’on avait licencié la seule personne qui connaissait le legacy. Résultat : impossible de migrer les données."

Le capacitaire, c'est aussi la réalité humaine des équipes déjà saturées, des managers épuisés, des expertises critiques perdues. Chaque transformation demande une énergie que l'organisation n'a pas toujours. Et c'est là que tout ralentit, se fige — ou explose.

La dispersion : quand tout le monde transforme tout, partout, en même temps

Dans beaucoup d'entreprises, la transformation est devenue une mode : les RH transforment, la finance transforme, l'IT transforme, les business units transforment, et un programme "transfo centrale" tente vaguement de suivre. Le résultat : des programmes qui se télescopent, des effets contradictoires, un épuisement généralisé et surtout une perte totale de lisibilité. Quand tout devient prioritaire, rien ne l'est vraiment. La dispersion, c'est le brouillard dans lequel s'enfonce la transformation sans même s'en rendre compte.

La politique : la force souterraine qui dévie toutes les trajectoires

Impossible de parler de transformation sans parler politique. C'est la partie dont personne ne veut parler officiellement — mais que tous évoquent officieusement. Les obstacles politiques prennent mille formes : contournements de la gouvernance, jeux d'influence, rivalités historiques, sponsors paralysés, fonctions qui défendent leur périmètre, décisions qui n'en sont pas vraiment. Un cas illustre parfaitement ce piège : "On avait deux gouvernances. L’une côté marché, l’autre côté supply. Deux visions. Deux agendas. Le projet allait droit dans le mur." La politique n'est pas un accident : c'est une composante structurelle du terrain de jeu.

La mesure : quand on pilote sans boussole (ou avec trop de slides)

La transformation échoue rarement faute de travail. Elle échoue souvent faute de preuve. Deux extrêmes se côtoient dangereusement : trop peu de mesure, et on avance sans comprendre l'impact réel ; trop de mesure, et on passe plus de temps à produire des slides qu'à transformer. Les steering committees deviennent des réunions de reporting où les KPIs s'accumulent sans que la moindre décision n'émerge. Le manque de "single source of truth" est l'un des plus gros facteurs de dérive.

Les a priori : ces idées toutes faites qui sabotent avant même de commencer

Les organisations sont peuplées de croyances invisibles, parfois naïves, parfois dangereuses : "Le métier n'a pas besoin de nous pour se transformer.", "L'IT freinera forcément.", "L'IA ne remplacera rien.", "Les pays n'accepteront jamais ça.", "La transfo, c'est un projet comme un autre." Et les plus toxiques de toutes : "Ça passera." ou "Allez-y mais vous allez vous planter." Les a priori ne bloquent pas la transformation. Ils l'orientent dans la mauvaise direction.

La transformation échoue rarement pour une seule raison. Elle échoue parce que ces six forces se combinent, s'entremêlent, se renforcent — créant des failles que même les meilleures équipes ne peuvent combler seules.

Vous reconnaissez certains de ces freins dans vos programmes en cours ?

Culture, dispersion, politique : les consultants FocusTribes accompagnent les directions de transformation dans le diagnostic et la structuration de leurs programmes - avant que ces angles morts ne fassent dérailler le projet

II-En quoi une gouvernance solide change vraiment la donne ?

Ce qui frappe dans les récits d'Ubisoft et de Coty, c'est que la gouvernance n'est jamais présentée comme un outil méthodologique. Elle est décrite comme une réponse de survie — pragmatique, construite dans l'urgence, souvent douloureuse à mettre en place. Et pourtant, quand elle est bien pensée, elle peut tout changer.

L'unicité : quand toute l'entreprise parle enfin d'une seule voix

S'il y a un point sur lequel tous les participants se sont retrouvés, c'est celui-ci : l'unicité n'est pas un luxe méthodologique — c'est une condition de survie. Et pourtant, c'est souvent ce qui manque le plus. Beaucoup ont raconté des programmes où différents pans de l'entreprise avançaient chacun avec "leur propre transformation", comme si l'organisation pouvait supporter plusieurs colonnes vertébrales à la fois.

L'unicité ne signifie pas concentrer le pouvoir. Elle signifie réunifier l'attention. À partir du moment où tout passe par la même gouvernance — et seulement elle — les équipes arrêtent de contourner. Elles comprennent que si ce n'est pas validé là, ce n'est validé nulle part. L'unicité agit comme un champ magnétique : elle aligne les décisions, réduit les conflits, fluidifie les arbitrages, donne un cap unique aux équipes et élimine les zones grises où prospèrent les résistances.

Un sponsorship resserré : des dirigeants réellement alignés

Un point revient avec force dans les deux témoignages : un sponsoring trop large ou trop hésitant fragilise immédiatement la transformation. Plus il y a de sponsors, plus il y a de chances qu'ils se contredisent publiquement — et chaque contradiction publique érode la crédibilité du programme.

Ce sponsoring resserré permet des décisions rapides, une ligne claire, zéro prise de parole dissonante, et surtout plus aucun espace pour le doute politique. La leçon est contre-intuitive mais robuste : un sponsor fort n'est pas celui qu'on voit le plus. C'est celui qui tient.

Les règles d'escalade : la fin des négociations de couloir

Grand classique du corporate : quand quelqu'un n'aime pas une décision, il cherche le bon interlocuteur pour la contourner. La gouvernance solide met fin à ce jeu.

"Quand les équipes ont compris que ce qui passait par la gouvernance était validé — et que ce qui n’y passait pas ne l’était pas — les contournements ont disparu."

Les règles d'escalade créent un chemin clair, un temps clair, un niveau clair pour remonter une difficulté ou un arbitrage. Et surtout, elles évitent de perdre des semaines à naviguer dans l'informel.

Le cadre stable : un espace sécurisé dans un monde qui bouge trop vite

"Stable" ne veut pas dire "rigide". Stable veut dire prévisible, dans un contexte où tout le reste ne l'est pas.

"Dans les secteurs où l'innovation est permanente, le risque est de lancer une nouvelle transformation avant même que la précédente ait atterri."

Le cadre stable protège les équipes du bruit ambiant, évite l'hyperactivité permanente, empêche la reconfiguration continue des roadmaps et maintient un cap même si les priorités business évoluent. Dans un monde instable, le cadre stable est un filet de sécurité psychologique autant qu'un outil de pilotage.

III- Comment organiser concrètement une gouvernance de transformation qui fonctionne ?

Ce qui ressort des échanges avec Ubisoft et Coty, c'est que la gouvernance ne fonctionne jamais par hasard. Elle repose sur quatre dispositifs très concrets qui changent tout.

Une cellule transfo resserrée, soutenue par un réseau d'enablers

Dans les organisations complexes, la transformation ne peut pas être confiée à une équipe tentaculaire. Une transformation fonctionne mieux quand son cœur est restreint, mais puissamment soutenu par des enablers experts.

Un cas emblématique : "Dans un projet mondial de BPO, on n’était que quatre au cœur : le CFO, le CHRO, le CIO et moi. Quatre. Et ça avançait, parce que personne ne se contredisait."

Ce noyau est entouré d'un réseau d'enablers issus des fonctions support : Legal pour sécuriser les consultations, Finance pour la création de valeur, HR pour les headcounts, IT pour les données et les architectures, PMO pour la structuration, Communication pour l'adhésion. "Le core transfo, c'est le moteur. Les enablers, c'est l'huile. Sans eux, ça casse."

Un réseau de "transformation leads" dans les métiers

Aucune transformation ne réussit si elle reste confinée dans une tour d'ivoire. Les transformations qui durent sont celles qui s'appuient sur des relais métiers — des leaders opérationnels qui portent la transformation depuis leurs propres équipes.

Un participant l'a formulé avec clarté : "J’avais 70 personnes dans ma gouvernance. Pas une seule ne reportait chez moi. Et pourtant, elles faisaient avancer le programme. Elles étaient mes relais légitimes dans les fonctions."

La clé : quand le message vient d'un consultant ou de la transfo centrale, il reste théorique. Quand le message vient d'un pair métier, tout change — on passe d'une injonction à une discussion. Ces relais sont des multiplicateurs de maturité, capables d'ancrer la conduite du changement dans la réalité du terrain.

Une Single Source of Truth : la vérité comme socle de pilotage

Toutes les transformations se heurtent tôt ou tard au même écueil : des chiffres qui ne concordent pas, des baselines instables, des headcounts impossibles à réconcilier. La gouvernance peut survivre à des retards. Elle peut survivre à des frictions. Mais elle ne survit jamais à plusieurs versions de la vérité.

Centraliser les données dans une Single Source of Truth a permis d'éliminer 80 % des discussions inutiles dans les programmes présentés. Ce n'est pas qu'un outil : c'est un contrat, un point d'ancrage, une garantie de stabilité politique.

Des rituels d'arbitrage orientés décisions — pas reporting

C'est probablement le pilier le plus sous-estimé — et pourtant le plus décisif. Une bonne gouvernance n'existe que si elle permet de décider rapidement, proprement, sans détour. La règle adoptée dans plusieurs programmes : "Si aucune décision n'est prévue à l'ordre du jour, on annule le comité. Un comité n'est pas un endroit pour faire du reporting."

Les intervenants ont distingué deux niveaux clairs : le COMEX, qui arbitre, protège, débloque et sponsorise ; le Board, qui sécurise la trajectoire générale et valide le cap. Mélanger les deux crée une confusion qui paralyse. Et sur la gestion du temps : décaler n'est pas un échec. C'est souvent un choix stratégique pour éviter une casse business.

Et plusieurs particpants de confirmer avec leurs expériences personnelles : 

"On phasait les sujets. Si c’était trop risqué cette année, on glissait dans le trimestre suivant. Le but n’est pas d’aller vite, mais d’aller juste."

"Casser le business pour faire avancer la transformation, c'est comme brûler la maison pour changer les fenêtres. personne ne gagne."

Structurer la gouvernance de votre transformation, c'est le premier acte qui conditionne tous les autres.

Cellule transfo, réseau de relais métiers, rituels d'arbitrage : les consultants FocusTribes accompagnent les grandes entreprises et ETI dans la conception et le pilotage de leurs programmes de transformation complexes.

IV- Quelle posture pour le patron de la transformation ?

Derrière les outils, les arbitrages et la gouvernance, il reste un point cardinal : la personne qui porte la transformation. Ce qui frappe quand on écoute les témoignages d'Ubisoft et de Coty, c'est que la transformation est un métier profondément humain. Un métier qui expose, qui bouscule, qui épuise parfois. Et qui oblige à une posture très particulière : tenir le cap, même quand tout semble conçu pour vous le faire perdre.

Apprivoiser le doute : un compagnon permanent du rôle

Le premier aveu, presque unanime parmi les participants : le doute ne disparaît jamais. Les leaders de la transformation sont souvent envoyés sur des sujets difficiles, parfois insolubles. Le premier travail, c'est d'accepter qu'on n'est pas l'homme ou la femme providentiel(le). Dans une transformation, le doute n'est pas un problème à éliminer : c'est un élément du paysage. Le patron de la transfo ne cherche pas à l'effacer, mais à continuer malgré lui.

La résilience : ce cuir épais qu'on fabrique mission après mission

La transformation, c'est une succession de vagues. Certaines sont créatives. D'autres sont brutales. Un témoignage a particulièrement marqué la salle : celui d'un leader qui pilotait un gigantesque plan de réduction de coûts sur plusieurs années, parlant de cost-cutting du matin au soir, de restructurations, de départs. La résilience, dans ces moments-là, ne consiste pas à "être fort" — elle consiste à absorber sans se briser, à rester professionnel sans cesser d'être humain.

L'influence sans autorité : un art politique, pas un pouvoir

Le patron de la transformation est presque toujours dans une position paradoxale : il porte des enjeux transverses sans avoir l'autorité hiérarchique pour imposer quoi que ce soit. La transformation est la seule fonction avec une transversalité comparable à celle du CEO — sauf qu'on n'en a pas le pouvoir. Il faut influencer, pas diriger. Challenger sans écraser. Conseiller les dirigeants sur l'impact de leurs décisions — parfois mieux qu'ils ne le voient eux-mêmes — mais avec une humilité absolue, sinon on se brûle.

Maîtriser les émotions — les siennes et celles des autres

La transformation n'est pas qu'une affaire de process. Elle est surtout une affaire d'émotions : anxiété, perte de repères, résistance, espoir, colère parfois. Un participant l'a formulé avec une précision rare : avant de parler architecture ou planning, il demande au sponsor de quoi il a peur, ce qui l'angoisse. Tant que ça n'est pas posé, rien n'avance. La transformation ne se pilote pas uniquement avec des faits : elle se pilote aussi avec une lecture fine des émotions.

Voir loin : construire un plan stratégique, pas seulement exécuter un projet

Certains intervenants ont partagé une vision ambitieuse de leur rôle : non pas seulement piloter les projets, mais structurer la transformation long terme de l'entreprise.

"La transfo ne doit pas être le réceptacle de ce qui va mal. Elle doit devenir une fonction stratégique — avec un plan à trois ans sur l'évolution de l'operating model."

L'objectif : être en proactivité, pas en réactivité. Avoir des projets prêts, pré-chiffrés, pré-alignés. Le jour où la crise arrive, avoir déjà la réponse.

Accepter la solitude — et trouver ses propres ressources

Beaucoup de leaders de la transformation partagent un même sentiment : la solitude. Solitude face aux décisions difficiles, face aux résistances, face à la pression du COMEX. La réponse n'est pas de l'ignorer mais de la gérer activement — en gardant des espaces pour soi, en cultivant un cercle restreint de pairs avec qui parler vrai, sans posture, sans politique. La transformation est un métier stratégique. C'est aussi — profondément — un métier intérieur.

V- FAQ — Questions fréquentes sur la gouvernance de la transformation

Qu'est-ce que la gouvernance de la transformation en entreprise ?

La gouvernance de la transformation est l'ensemble des structures, processus et rituels qui permettent de piloter un programme de transformation de manière cohérente et décisive. Elle comprend la définition des instances de décision (COMEX, Board, steering committees), les règles d'escalade, les rôles et responsabilités, les outils de suivi partagés et les cadences de pilotage. Une gouvernance solide n'est pas un dispositif bureaucratique — c'est un système nerveux qui permet à la transformation de ne pas porter seule tout le poids du changement.

Pourquoi les transformations d'entreprise échouent-elles si souvent ?

Les retours d'expérience d'Ubisoft et de Coty identifient six causes principales d'échec : la culture organisationnelle non préparée au changement, le manque de capacité réelle à absorber la transformation, la dispersion des initiatives sans priorisation claire, les jeux politiques qui contournent la gouvernance, l'absence de mesure partagée et fiable, et les a priori qui orientent les décisions dans la mauvaise direction. Ces causes se combinent rarement de façon isolée — c'est leur accumulation qui fait basculer un programme.

Quelle est la taille idéale d'une cellule de transformation ?

Les retours d'expérience convergent vers un principe : petit cœur, grand soutien. Le noyau décisionnel doit être restreint — parfois aussi peu que quatre personnes (CFO, CHRO, CIO, leader de la transformation) — pour garantir l'alignement et la rapidité de décision. Ce noyau est ensuite soutenu par un réseau d'enablers experts (Legal, Finance, HR, IT, PMO, Communication) et par un réseau de transformation leads dans les métiers. La taille n'est pas un gage d'efficacité : la cohérence et la clarté des rôles le sont.

Comment convaincre le COMEX de s'engager dans un programme de transformation ?

L'engagement du COMEX ne se décrète pas — il se construit. Les enseignements du TransfoLab pointent vers trois leviers : le sponsoring doit être resserré autour d'un petit nombre de dirigeants réellement alignés ; les rituels de gouvernance doivent être orientés décisions et risques, pas reporting ; et les dirigeants doivent être accompagnés dans leur posture de sponsor — être sponsor, ce n'est pas naturel, et certains ont besoin d'être coachés pour tenir ce rôle dans la durée.

Comment mesurer l'impact d'un programme de transformation ?

La clé est d'établir une Single Source of Truth — un référentiel partagé par toutes les parties prenantes — et d'orienter les comités de pilotage vers trois questions essentielles : ce qui a été délivré, ce qui a créé de la valeur, ce qui bloque réellement. Deux écueils sont à éviter : l'absence de mesure (on avance sans comprendre l'impact réel) et la surproduction d'indicateurs (on passe plus de temps à produire des slides qu'à transformer).

Gouvernance de la transformation : les 5 enseignements clés du TransfoLab

Une gouvernance solide ne garantit pas la réussite — mais son absence garantit l'échec.
L'unicité est une condition de survie — une seule gouvernance, un seul cap, zéro instance parallèle.
Le sponsorship doit être resserré — peu de sponsors, mais des sponsors qui tiennent.
La Single Source of Truth est un contrat politique — pas qu'un outil de reporting.

Le patron de la transformation est un funambule — il avance avec du doute, des pressions immenses, des décisions lourdes, mais aussi avec la conviction que l'entreprise peut devenir meilleure.

Une gouvernance solide ne s'improvise pas. Elle se construit, parfois dans la douleur, souvent dans l'urgence.

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